Bibliothèques sans frontières, cinq ans d'action

L’association, lancée par Patrick Weil, en 2007 est aujourd’hui une de nos plus importantes ONG culturelles.

Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », a-t-on coutume de dire en Afrique. Grâce à Bibliothèques sans frontières, si les vieillards meurent toujours, les bibliothèques durent plus longtemps. Cinq ans déjà, et l’association, lancée par un chercheur du CNRS, Patrick Weil, en 2007, est aujourd’hui une de nos plus importantes ONG culturelles. Au départ, un constat : il y a dans le monde 795 millions d’analphabètes et 72 millions d’enfants non scolarisés. L’idée était alors d’envoyer des livres vers les pays qui en manquent. Mais elle a vite été dépassée. « Le don n’a de sens que s’il est accompagné et s’il s’inscrit dans une réflexion sur toute la chaîne du livre. Il est un moyen, un levier, une façon de susciter une demande, pas un simple cadeau dont on ne sait trop à quoi il va servir. Nous avons choisi de partir des besoins locaux pour construire le don et ce qui va autour », dit l’écrivain Arnaud Delalande, secrétaire général de l’association. BSF a donc développé des programmes de formation de bibliothécaires, de mise en réseau de bibliothèques, l’informatisation de centres de documentation pédagogique. Au Congo Brazzaville, l’association a participé à la création du premier centre d’archives et de documentation. En Haïti, elle a permis qu’ouvre l’an dernier la première bibliothèque numérique universitaire du pays. En cinq ans, 222 bibliothèques ont été soutenues, et 450 bibliothécaires formés. Dès la rentrée, BSF lancera un appel international sur la nécessité de penser aussi à la culture en cas d’urgence humanitaire.

Une série d’événements célèbre cet anniversaire, en particulier un cycle de conférences aux intitulés éloquents : « Lire et écrire pour dire et se réconcilier » prévue en septembre, « Lire et écrire pour se réinsérer » annoncée pour l’hiver prochain. Une campagne web internationale est lancée pour la création d’une bibliothèque idéale. Et le couturier Hermès a créé une ligne de foulards au logo de l’association, sur la vente desquels 10 euros seront reversés à cette organisation dont les moyens restent malgré tout fragiles.