Fin du feuilleton BNF / Google

Le projet d’accord entre Google et la BNF nous aura tenu en haleine tout l’été. Allaient-ils ou non fonder un partenariat afin de numériser les fonds de la bibliothèque nationale ? La BNF allait-elle se vendre au grand méchant loup mercantile et hégémonique ? Beaucoup de questions et d’émotion pour rien. Tout était en fait déjà scellé. Un rapport de l’Inspection Générale des finances, datant de janvier dernier, vient en effet d’être publié. Bruno Racine, l’actuel directeur de la BNF, y parle dors et déjà d’un futur accord avec la firme de Mountain View : «Le projet Google Book Search et Gallica ne sont pas concurrents mais complémentaires». Il y évoque les «contacts réguliers» tant avec Google qu’avec Microsoft. Cela fait donc 8 mois que cette alliance, d’une certaine façon, était envisagée. Il s’agit néanmoins de mesurer les enjeux de ce rapport. Il n’y est en effet pas question de confier «toute» la numérisation à Google. Les questions de droit d’auteur n’étant pas encore réglées, seuls les ouvrages de fonds, libres de droits donc, seront confiés au groupe Google. Ce partenariat, en outre, se fera en complément du financement du Conseil National du Livre et demeurera ainsi en grande partie public. Bruno Racine entend ainsi préserver Gallica et, à plus long terme, Europeana. La projet public doit, selon le directeur de la Bnf, demeurer qualitatif, en reposant sur «une organisation du savoir, une diversité des fonds numériques et une éditorialisation des contenus».