Arendt placée en garde à vue

Arendt placée en garde à vue

Mettre à bas une idole est un geste émancipateur. Encore faut-il qu'il s'effectue dans un esprit d'ouverture, et non, comme dans le dernier ouvrage d'Emmanuel Faye, de simplification inquisitoriale.

« Et maintenant, au tour d'Hannah Arendt ! » C'est ce que l'on se dit, avec une curiosité mêlée d'appréhension, quand on découvre le pavé de plus de 500 pages grand format, bourrées jusqu'à la gueule, que lui consacre, en lien avec Heidegger, Emmanuel Faye. Ce dernier avait publié en 2005 une très pesante enquête à charge sur le « berger de l'Être » de Messkirch, qui avait été globalement rejetée, sous le titre explosif : Heidegger, l'introduction du nazisme dans la philosophie. Certes, nombre de ses assertions se sont vues, depuis, corroborées par les désormais fameux Cahiers noirs. Mais le titre du livre, qui en résume le programme, demeure problématique. D'abord, parc ...

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