Vingt ans après, Arundhati Roy capture l’Inde violente et vulnérable

Vingt ans après, Arundhati Roy capture l’Inde violente et vulnérable

Evénement littéraire. Après la parution à succès du Dieu des Petits Riens il y a vingt ans - six millions d’exemplaires -, Arundhati Roy reprend la plume pour un roman très attendu, The Ministry of Utmost Happiness, paru en anglais le 6 juin.

Ambitieux, hautement discursif, doté d’une prose agile, The Ministry of Utmost Happiness, délaisse les désespoirs des individus qui peuplent le Dieu des Petits Riens pour se consacrer aux tourments de l’Inde moderne.

Truffé de références aux tragédies nationales, assez poétiquement réunies dans un « supermarché du chagrin », - la catastrophe de Bhopal en 1984, les émeutes de Gujarat en 2002 -, ce deuxième roman d’Arundhati Roy a été préparé dans le plus grand secret pendant dix ans.

"Lorsque j'écris de la fiction, j'ai une relation très apaisée avec le texte au sens où je n'éprouve pas le besoin de me presser", a expliqué l'auteur dans un entretien au quotidien The Hindu.

Pendant ces vingt ans, elle a signé une dizaine d’écrits politiques sondant la face sombre de l’Inde contemporaine, « indissociablement liée à sa vitalité exubérante », selon la critique du Financial Times.  Sa vive activité militante, son soutien au mouvement séparatiste du Cachemire et sa critique des nationalistes hindous, lui ont définitivement accordé le statut d’intellectuelle contestataire.

Paru aux éditions Penguin en Inde, Hamish Hamilton en Grande-Bretagne et Knopf aux Etats-Unis, une version française paraîtra chez Gallimard au début de l’année 2018.

Delphine Allaire

Photo : Ranjit Deshmukh/ The Times of India/ Bennett, Coleman & Co/ Via AFP