Il est vraiment rare qu’on se quitte bien, car si on était bien, on ne se quitterait pas.
Marcel Proust Albertine disparue
Un site complet sur l’auteur de la Promesse de l’aube : www.romaingary.org
Les véritables entretiens de Socrate : http://hanryner.over-blog.fr/
Un blog de deux professeurs de philo:
http://jchichegblancbrude.blog.lemonde.fr/
Après Hachette qui avait créé Numilog, plate-forme de livres numériques, Flammarion, Gallimard et La Martinière lanceront ensemble en septembre Eden-Livres dont la création avait été annoncée en mars, à l’occasion du Salon du livre de Paris. Eden-Livres commencera son activité de distribution en septembre 2009 avec la mise en place d’un entrepôt numérique commun et assurant la mise à disposition des fichiers au lecteur final.
Des auteurs d’un genre nouveau s’emparent de Twitter afin de publier leurs textes et rester en contact avec leurs lecteurs. Réseau social et micro-blog, Twitter permet de communiquer des messages de 140 caractères maximum. Ce format n’a pas effrayé mais au contraire séduit des poètes qui utilisent ce média afin de publier des textes originaux. Les amoureux d’Haïkus ont créé par exemple le "Twaïku” qui rencontrent un succès grandissant sur le site où une communauté d’amateurs du genre s’est formée.
Le 31 juillet 1944, Antoine de Saint-Exupéry disparaissait aux commandes de son avion, alors qu’il se dirigeait pour une mission vers le Sud de la France ; 65 ans plus tard, jour pour jour (le 31 juillet prochain), la Ville de Marseille organise une commémoration de l’événement, avec une cérémonie navale et un défilé aérien (à 11h, sur les lieux où ont été trouvés les restes du Ligthning P-38 de Saint-Exupéry, en 2003) et une exposition à l’Hôtel de Ville (à 14h). Cette exposition présentera, entre autres pièces, la gourmette de l’aviateur, retrouvée en 1998 par un patron-pêcheur, des manuscrits et des morceaux de l’appareil. L’auteur mythique de Vol de nuit, Pilote de guerre, ou encore de Courrier Sud sera mis à l’honneur pendant cette journée mais aussi pour une plus longue durée : cette manifestation s’inscrit en effet dans une série d’animations consacrées à l’auteur et programmées jusqu’en 2013, année où la ville de Marseille se verra attribuer le titre de « capitale européenne de la Culture » : une présentation aura lieu à la mairie de Marseille le mercredi 8 juillet à 11h.
Espérons que les éditions Anne Carrière ne connaîtront pas le sort des éditions du Panama. Le tribunal de commerce de Paris a prononcé, jeudi 18 juin, la liquidation judiciaire de la maison fondée en 2004 par des anciens du Seuil. Les éditions du Panama publiaient près de 90 titres par an avec une équipe de 7 salariés. Plusieurs éditeurs s’étaient portés candidat à la reprise de la maison, dont les éditions Gallimard, mais après plusieurs désistements le tribunal n’a finalement retenu aucune candidature.
Après une perte de 600 000 euros environ en 2006 et 280 000 euros en 2007, les éditions Anne Carrière ont été placées en redressement judiciaire. Anne Carrière, fille de Robert Laffont, avait publié L’Alchimiste de Paulo Coelho en 1988. La publication du bestseller avait installé sa maison d’édition. Mais, en 2003, l’écrivain brésilien a rejoint les éditions Flammarion où il a publié Le Zahir et ses romans suivants. Le succès n’a pourtant jamais quitté la maison avec notamment L’Evangile selon Satan de Patrick Graham qui s’est vendu à près de 200 000 exemplaires en 2007. L’éditrice reste rassurante quant à l’avenir de la maison qui sort près de 50 titres par an et comprend 450 titres au catalogue.
La réalisatrice Lulu Menase, d’origine turque, représente pour la deuxième fois au festival d’Avignon, dont la 63e édition aura lieu du 8 au 31 juillet, son adaptation théâtrale L’Abolition des tracas de deux textes courts et incisifs de l’auteur de « rompols » (romans policiers) à succès Fred Vargas, Petit traité de toutes vérités sur l’existence (2001) et Critique de l’anxiété pure (2003), publiés aux éditions Viviane Hamy. Créée l’année passée au festival de théâtre d’Istanbul, cette pièce, dont les décors ont été réalisés par Jo Vargas, soeur de la romancière, met en scène un personnage, incarné par Oriane Littardi, qui s’adresse dans un long monologue au public en lui faisant partager ses considérations pleines d’humour sur l’amour la politique… bref, l’existence.
Si l’on est loin du polar, l’entrée en scène de Fred Vargas au théâtre a de quoi surprendre : signalons à cette occasion la parution prochaine de notre hors-série sur le polar (qui sera en kiosque à la mi-juillet).
Depuis 1987, le Centre national du livre, en partenariat avec le Ministère de la culture et de la communication, invite chaque automne des écrivains qui partagent une nationalité ou simplement une langue afin de les faire connaître en France, à travers des rencontres dans tout l’Hexagone. Cette année, les « Belles Etrangères » se tiendront du 9 au 21 novembre 2009 et rendront hommage à la littérature américaine dans tous ses états (roman, poésie, essais, bandes dessinées, nouvelles…) en invitant douze artistes, certains déjà connus (comme Andrew Sean Greer, l’auteur très apprécié parmi les libraires de L’Histoire d’un mariage, voir le palmarès de notre numéro consacré à la méchanceté), d’autres moins, tels le nouvelliste Charles D’Ambrosio (auteur du Musée des poissons morts, traduit en 2007 aux éditions Albin Michel), ou la poétesse Eleni Sikelianos (dont un recueil, De l’histoire, du soleil, de la vision est paru en France en 2007 aux éditions Grège). Citons également Percival Everett, Forrest Gander, John Haskell, Matt Madden, Jack O’Connell, , Hannah Tinti, Yuri Slezkine, Richard White et Colson Whitehead. Le conseiller littéraire de cette future édition est Pierre-Yves Pétillon, qui enseigne par ailleurs la littérature américaine à la Sorbonne et à l’ENS. Cette initiative, qui sera présentée en détail lors d’une conférence de presse au Centre National du Livre le jeudi 10 septembre, s’inscrit dans le cadre de la politique d’aide à la traduction et à la diffusion du CNL.
Rens. : www.belles-etrangeres.culture.fr
Après Orhan Pamuk ou Elif Shafak, l’écrivain turc Nedim Gürsel, qui vit à Paris, (il enseigne la littérature turque à la Sorbonne et à l’INALCO) s’est vu accuser d’ « insulte à l’Islam » pour son roman Les Filles d’Allah (publié en Turquie en mars 2008, à paraître en octobre prochain au Seuil), et plus spécifiquement pour la description du prophète Mahomet et de sa famille. Il a été acquitté jeudi dernier. Un long été à Istanbul (éd. Gallimard, 1992), et La Première Femme (éd. Seuil, 1986) lui avaient déjà valu des ennuis auprès de la justice turque.
Accusé d’ « incitation à la haine raciale, de classe sociale, religieuse, confessionnelle ou régionale » par Ali Emre Bukagili, un membre de la communauté islamiste d’Adnan Oktar, favorable au créationnisme, et jugé par le tribunal qui avait en 2006 prononcé un non-lieu en faveur du futur Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk, (auquel on imputait le «dénigrement de l’identité turque» après des déclarations sur la question arménienne), il risquait trois ans de prison. Dans une lettre ouverte au premier ministre turc il écrivait ceci : « Mon délit est d’avoir parlé d’une manière allégorique et imaginaire de l’avènement de l’islam tout en respectant la foi des musulmans mais aussi en m’accordant la liberté d’interroger toute forme de croyance religieuse » et « Dois-je vous rappeler une fois de plus que j’ai écrit un roman et non un manuel de théologie ? ».
Après Orhan Pamuk, Vaclav Havel, Assia Djebar, Susan Sonntag et Jürgen Habermas, l’écrivain italien Claudio Magris, auteur de Danube (1986), est le lauréat du Prix de la paix, la plus importante distinction littéraire allemande. Ce prix, doté de 25 000 euros, lui sera remis lors de la Foire du livre de Francfort, le 18 octobre prochain. Âgé de 70 ans, Claudio Magris est un prix Nobel potentiel depuis déjà plusieurs années. Né à Trieste, il est professeur de littérature allemande à l’université de Trieste et chroniqueur au quotidien Corriere della Sera.
En 2005 le Man Booker International Prize récompensait Ismail Kadaré pour l’ensemble de son oeuvre. Cette année, l’écrivain albanais vient de recevoir le prix des Asturies des lettres (remis il y a deux ans à Amos Oz), prix espagnol attribué dans huit domaines différents et accompagné d’une somme de 50 000 euros, pour s’être érigé « en voix universelle contre le totalitarisme » dans une ?uvre protéiforme. L’auteur du Général de l’armée morte (1963), du Palais des rêves (1988), de L’Accident (2008), qui s’est vu accorder l’asile politique en France en 1990, publie chez Fayard (qui prépare depuis une vingtaine d’années l’édition de ses ?uvres complètes) son prochain roman, Le Dîner de trop, qui paraîtra en septembre et confronte à travers le destin d’un notable, dans le village natal de Kadaré, Gjirokaster, les différentes dictatures qui ont soumis tour à tour l’Albanie.
Le jeudi 25 juin, l’Académie française a remis pas moins de 70 prix, pour des oeuvres de littérature, de philosophie, d’histoire ou de sociologie, ainsi que des récompenses de « soutien à la création littéraire ». La francophonie est bien représentée : parmi les personnalités francophones, trois auteurs d’origine libanaise, Vénus Khoury-Ghata, (Grand Prix de Poésie), Alexander Najjar, auteur entre autres d’une biographie de Khalil Gibran et d’un roman récent, Phénicia, (Prix Hervé Deluen pour son travail sur la francophonie au Moyen-Orient) et l’étoile montante du théâtre de ces dernières années, Wadji Mouawad, qui avait refusé en 2005 le Molière du meilleur auteur francophone et qui sera l’artiste associé de la 63e édition du festival d’Avignon (du 7 au 29 juillet prochain), mais aussi Thomas Gaehtgens, fondateur du Centre allemand de l’Histoire de l’Art à Paris et auteur de L’Art sans frontières – Les relations artistiques entre Paris et Berlin, éd. Le Livre de Poche, qui se voit ici récompensé par le grand prix de la francophonie. Les prix de l’Académie française reconnaissent en général le parcours d’une vie (le Grand Prix de philosophie est ainsi remis à Rémi Brague, spécialiste des philosophies médiévales juive et arabe), mais aussi des oeuvres particulières, comme le Tombeau d’Achille de Vincent Delecroix (voir sur notre site la critique de Minh Tran Huy) ou le Prix François Mauriac, qui honore un jeune auteur prometteur, Jean-Baptiste Del Amo, pour Une éducation libertine (qui était en lice pour le Goncourt). Citons également le Prix de la Critique, décerné à l’éditeur Bernard de Fallois et le Prix de la biographie, attribué à Michel Jarrety pour la somme qu’il a consacrée à Paul Valéry. Le Grand Prix du roman, quant à lui, sera décerné pour la rentrée littéraire, à l’automne.
Catherine Millet a reçu ce dimanche le prix du Roman d’amour-Prince Maurice 2009 pour Jour de souffrance, paru aux éditions Flammarion. Ce récit autobiographique offre une réflexion sur la jalousie et les libres rapports amoureux, le pendant de la Vie sexuelle de Catherine M. « Dans les semaines qui ont suivi la sortie de La Vie sexuelle de Catherine M., raconte l’écrivain, je me suis rendue compte qu’une question revenait toujours dans les réactions des lecteurs : « Comment avez-vous fait avec la jalousie ? » J’ai alors pensé que
mon projet n’était pas abouti tant que je n’avais pas répondu à cette question».
Le prix, qui existe depuis sept ans, présidé par Daniel Picouly, perpétue les liens culturels entre l’île Maurice et l’Europe, et consacre un auteur anglophone une année sur deux.
Philippe Sollers a reçu le tout nouveau prix de la Bibliothèque nationale de France, décerné lors du dîner des mécènes de la BNF, le 15 juin. Le lauréat recevra une bourse de 10 000 euros. Ce prix récompense pour l’ensemble de son ?uvre un auteur vivant de langue française ayant publié dans les trois années précédentes, quelle que soit sa discipline.
Le jury, présidé par président de la BNF, Bruno Racine, est composé de Jean-Claude Meyer, vice-président ; Laure Adler ; Jean-Claude Casanova ; Antoine Compagnon ; Marc Fumaroli ; Edouard Glissant ; Colette Kerber ; Julia Kristeva et Alberto Manguel.
Qui est Fredrik Colting ? Un écrivain suédois, parfaitement inconnu il y a quelques semaines encore. La juge fédérale Deborah Batts de New York vient d’interdire la publication de 60 Years later : Coming Through the Rye aux Etats-Unis. Le crime ? Fredrik Colting a écrit une suite parodique de L’Attrape-Coeur de J.D. Salinger qui a porté plainte. Il refuse la publication aux Etats-Unis de la suite de L’Attrape-Coeur: le personnage d’Holden Caufield, le héros du livre est protégé par le copyright. 60 Years Later Coming Through The Rye met en scène “Mr C.” soixante ans plus tard et raconte sa fuite de la maison de retraite, à 78 ans, dans les rues de New York. Le roman incriminé reste disponible en Grande-Bretagne.
Après Beyrouth en 2009 et Ljubljana en 2010, Buenos Aires, la capitale argentine, a été désignée « Capitale mondiale du livre en 2011 » par l’Unesco et les organisations professionnelles internationales des éditeurs, des libraires et des bibliothécaires à l’issue de la réunion du comité de sélection réuni le 12 juin. L’Argentine, connue pour l’immense Foire internationale du livre de Buenos Aires, qui a lieu chaque printemps pendant un mois, sera également l’invitée d’honneur de la Foire de Francfort en 2010. Chaque année, l’Union internationale des éditeurs (UIE), la Fédération internationale des libraires (IBF), la Fédération internationale des associations et institutions des bibliothécaires (Ifla) et l’Unesco choisissent la “Capitale mondiale du livre”.
L’alliance de compagnies aériennes OneWorld (British Airways, American Airlines, Iberia, Cathay Pacific…) propose le téléchargement gratuit de quarante livres audio en français anglais, hollandais et italien, à partir de bornes Wi-Fi disponibles dans les aéroports de Bruxelles-Zaventem, de Milan-Malpesa et bientôt de Rome-Fiumicino. Parmi « la bibliothèque » OneWorld, on trouve notamment Anges et démons de Dan Brown, Les Rêves de mon père de Barack Obama, ou encore L’Alchimiste de Paulo Coelho.
Malgré une communication tardive, dés la première édition, «Paris en toutes lettres», manifestation dont le Magazine Littéraire était partenaire, s’est imposée. 50000 visiteurs ont pu apprécier les spectacles et lectures du nouveau festival. Pendant quatre jours, du 4 au 8 juin, 300 événements littéraires, dans une centaine de lieux différents (CentQuatre, Trois Baudets, Maison de la Poésie, Théâtre du Châtelet, le Pont des arts, l’Hôtel de Ville et l’Académie française…), il a attiré un public de tout horizon. "Nous avions le désir de faire découvrir la littérature au plus grand nombre, le pari est gagné", déclare l’une des organisatrices, Evelyn Prawidlo, chargée de communication et conseillère littéraire. Le centre de Paris en toutes lettres, le Magic Mirror, un chapiteau installé place Stalingrad, a rassemblé près de 600 personnes pour le bal littéraire du samedi soir, "une monumentale surprise", selon Evelyn Prawidlo. Le Théâtre du Châtelet n’a pas désempli, les comédiens de la Comédie-Française ont rencontré un autre public sur le Pont des Arts où 300 personnes sont venus les écouter avant que la pluie n’interrompe la magie. On retiendra notamment la performance à la Simenon de l’écrivain oulipien Jacques Jouet, qui a écrit en direct Agatha de Paris, un roman-feuilleton d’une trentaine d’épisodes, ou la séance de clôture, lors de laquelle quinze chanteurs ont interprété les textes d’écrivains contemporains.
Les organisateurs n’ont eu que quatre mois pour réaliser l’événement. Toutefois, Olivier Chaudenson, le maître-d’oeuvre, et toute son équipe ont l’expérience des Correspondances de Manosque, ils ne manquaient ni de savoir-faire ni de passion. Bertrand Delanoë, maire de Paris, Christophe Girard, adjoint au maire chargé de la culture et Olivier Chaudenson, directeur artistique, peuvent se targuer d’avoir obtenu un franc succès en ouvrant un nouvel «espace» littéraire.
Le 34e Prix Saint-Simon a été attribué le mardi 16 juin à Claude Lanzmann pour son livre Le Lièvre de Patagonie (éd. Gallimard). Le jury du Prix Saint Simon, sous la présidence de Gabriel de Broglie, membre de l’Académie française, a choisi de récompenser les « Mémoires » — terme que refuse Claude Lanzmann – d’un écrivain et cinéaste engagé : il a notamment signé le Manifeste des 121 contre la pratique de la torture en Algérie, et surtout inscrit dans l’Histoire l’extermination des juifs avec son film Shoah. Le Lièvre de Patagonie, qui a connu un grand succès de librairie, retrace, avec un style alerte, les combats de ce Résistant devenu directeur des Temps modernes. Claude Lanzmann recevra le samedi 6 septembre 2009 un montant de 7500 euros, au Château de La Ferté-Vidame.
Le mardi 16 juin, la Société des gens de lettres a remis ses prix de printemps. Parmi la dizaine d’auteurs récompensés, Jean-Noël Pancrazi, qui s’est vu décerner le grand prix de littérature pour l’ensemble de son oeuvre. Avec son dernier livre, Montecristi, paru en janvier 2009 chez Gallimard, il introduisait dans son oeuvre un nouveau registre. Celui d’une littérature engagée et d’une « révolte sèche » (voir le compte-rendu élogieux de Victor Pouchet dans le numéro du Magazine littéraire de mai 2009), qui tranchait avec d’autres romans plus intimistes comme Tout est passé si vite, (éd. Gallimard) ou Les Quartiers d’hiver (éd. Gallimard). Dans Montecristi, roman-témoignage qui dénonce l’empoisonnement de la mer dans une baie dominicaine, proche de la frontière haïtienne, et ses conséquences dramatiques sur la population, Jean-Noël Pancrazi décrit un paradis non pas artificiel mais sacrificiel. Ce romancier, né en Algérie en 1949, est également critique littéraire (il collabore au Monde des Livres) et membre du jury Renaudot depuis une dizaine d’années.
Le Marathon des mots de Toulouse s’est clos en beauté le dimanche 14 juin, par la lecture de textes d’Olivier Rolin, de Tahar Ben Jelloun ou encore de Daniel Mendelsohn, après quatre jours de lectures et de spectacles littéraires. Le succès est tel que le Marathon des mots prévoit de lancer une première édition en Europe, en octobre 2010. « Le but est d’aller en train d’une ville à l’autre, de Paris à Lille, puis à Bruxelles et à Londres pour lire des textes en différentes langues. Nous souhaitons développer ce concept itinérant à d’autres villes françaises et de l’Europe du Nord… », annonce Olivier Poivre d’Arvor, président du festival.
Cette année, à Toulouse, 75000 spectateurs ont investi les différents lieux du festival : théâtres, librairies, bibliothèques, centres culturels (dont le le musée Champollion de Figeac). Depuis 2004, cette animation culturelle a gagné environ 25000 visiteurs… L’Egypte était à l’honneur du Marathon des mots, avec une impressionnante délégation d’écrivains et d’artistes égyptiens, dont Alaa El Aswany, l’acteur Omar Sharif, la cinéaste Asma el Bakry. 70 auteurs et 80 comédiens, musiciens et artistes animaient les différentes manifestations ; de nombreux créateurs étaient également présents par leurs textes et l’hommage qui leur était rendu, qu’il s’agisse de Cavafy, Gamal Ghitany, Naguib Mafhouz, Albert Cossery, Youssef Chahine, Dalida, ou encore de Lawrence Durrell. Olivier Poivre d’Arvor, président de la manifestation, pense axer la prochaine édition du festival selon des thématiques précises (comme le roman noir), tout en plaçant toujours l’accent sur les cultures du sud.
Erik Orsenna, président du jury, remettra le Prix Orange à Fabrice Humbert, pour L’Origine de la violence (éditions Le Passage), qui se verra alors remettre une bourse de 15000 euros. Il a été choisi parmi les quatre autres finalistes (Stéphane Audeguy, Tanguy Viel, Jérôme Ferrari et Thomas David). Les internautes ont voté pour leur livre préféré et choisi, avec le jury, de récompenser un roman hanté par les ombres et la tragédie : la photographie d’un prisonnier de camp de concentration déclenche chez le personnage une quête d’identité. En lançant le premier prix littéraire des internautes, l’opérateur Orange fait d’une pierre deux coups : il conquiert un nouveau public et entre en littérature… Le Prix Orange du Livre 2009 vise en effet à regrouper des internautes autour des livres, et à les faire voter pour leur favori. Cette nouvelle initiative s’inscrit dans la lignée du projet Read & Go, kiosque à journaux portable (avec en perspective une e-bibliothèque).
Le passage de Daniel Picouly avec son émission «Café littéraire» sur France 2 a été sanctionné par la direction de la chaîne. Il revient en septembre sur France 5 avec «Café Picouly», le vendredi soir à 21h30. L’émission, qui avait migré sur France 2 en juin 2008, sera désormais pluriculturelle.
France Télévisions promet toutefois «plus de culture» à la rentrée prochaine. Les grilles de rentrée, qui seront présentées le 27 août, annonceront-elles l’arrivée sur France 2 de François Busnel qui anime l’excellente émission La Grande Librairie sur France 5, le jeudi à 20h35 ?
Roberto Saviano, l’auteur de Gomorra, récit qui dénonçait la criminalité de la Camorra en Italie du Sud, continue son travail d’écrivain fidèle à la réalité et à la vérité. La Bellezza e l’Inferno (La Beauté et l’Enfer) vient d’être publié aux éditions Mondadori. Sortir, respirer, choisir, lumière sont désormais bannis de la vie de l’écrivain italien. Le militant antimafia est devenu un auteur accompli et fait, dans sa préface, le deuil d’une «normalité». «La vie ne plaît pas aux morts. A tous ceux qui pour travailler doivent se vendre, à tous ceux qui pour écrire doivent faire des compromis (…) Tu te rends comptes à quel point tu es un gêneur ?», lui a dit, à l’Académie de Stockholm, Salman Rushdie, qui connait bien le sujet.
Le volume de Correspondance de Louis-Ferdinand Céline devrait être publié dans la collection de la Pléiade et devrait sortir à la fin de 2009 ou au début de 2010. Annoncé depuis plusieurs années, le projet était toujours repoussé.
Jeudi 11 juin, la Maison des écrivains et de la littérature a renouvelé la composition de son conseil d’administration: Jean-Yves Masson, notamment collaborateur du Magazine Littéraire, est nommé président. Elisabeth Brami et Camille Laurens sont vices-présidentes, Benoît Conort, secrétaire général et Arno Bertina, trésorier.
Rencontres, aides, bourses, résidences... la Maison des écrivains réalise un travail de soutien aux auteurs et à la littérature.
Rens.: www.m-e-l.fr
Toxique, un texte inédit de Françoise Sagan, sera publié par les éditions Stock. Journal d’une cure de désintoxication à la morphine, l’auteur de Bonjour tristesse témoigne de sa peur de la déchéance et de la mort. La parution de Toxique sera suivie d’une réédition de nombreux titres de l’auteur : Des bleus à l’âme, Des yeux de soie, et à partir de 2011, Un peu de soleil dans l’eau froide, Un piano dans l’herbe, Le Lit défait…
Les deux histoires d’Agatha Christie ont été retrouvées dans sa résidence secondaire, à Greenway, dans le Devon, a révélé The Guardian. The Mystery of The Dog’s Ball (Le mystère de la balle du chien) et The Capture of Cerberus (La capture de Cerbère) figuraient dans les 73 carnets de notes, écrits entre les années 1920 et 1976 (date de sa mort). La romancière écrivait des histoires courtes où elle décrivait les caractères et l’intrigue, qu’elle reprenait ensuite dans un roman plus long.The Mystery of The Dog’s Ball a donné naissance au roman Dumb Witness, dans lequel “une héritière meurt en tombant dans l’escalier après avoir trébuché sur le jouet de son fox terrier”. The Capture of Cerberus a été écrit pour compléter le volume intitulé Les Travaux d’Hercule, un recueil des douze dernières aventures d’Hercule Poirot. Les aventures seront tirées à 20000 exemplaires par les éditions HarperCollins qui possèdent les droits mondiaux.
Le prix des lecteurs de L’Express a été attribué à Emmanuel Carrère pour D’autres vies que la mienne (éd. P.O.L). Le jury était présidé par Jean-Louis Fournier. Le prix de l’essai a été décerné par la direction de la rédaction de L’Express à Gilles Finchelstein et Matthieu Pigasse pour Le monde d’après. Une crise sans précédent. L’année dernière, Nathacha Appanah avait reçu le prix des lecteurs pour Le Dernier Frère, et Virginie Linhart le prix de l’essai pour Le jour où mon père s’est tu.
Le jury du prix Landerneau, présidé par Dan Franck, a couronné mercredi 3 juin, Jérôme Ferrari pour Un Dieu un animal, paru aux éditions Actes Sud. Jérôme Ferrari, né en 1968 à Paris, enseignant la philosophie en Corse, recevra 6000 euros. Le prix Landerneau a été créé l’an dernier par les Espaces culturels Leclerc. Le livre bénéficiera également une mise en valeur dans les cent soixante espaces culturels Leclerc.
Le prix du livre Inter 2009 revient à la phrase la plus longue. Déjà récompensé par de nombreux prix littéraires, Mathias Enard s’est vu attribuer hier, lundi 1er juin, le 35e prix du Livre Inter 2009 pour son troisième roman (et quatrième ouvrage), Zone, paru chez Actes Sud. Cet ancien pensionnaire de la villa Médicis à Rome, qui enseigne aujourd’hui l’arabe à l’université de Barcelone, a emporté l’adhésion avec son roman-fleuve constitué d’une seule phrase. Les autres livres dans la course ? Un chasseur de lions d’Olivier Rolin, D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère, Lacrimosa de Régis Jauffret, et Un chien mort après lui de Jean Rolin. Son épopée infernale (qui revendique sa dette à Homère – pour l’Iliade – comme à Apollinaire – auquel il emprunte son titre), déjà couronnée par le prix Décembre 2008, est un long monologue de cinq cent pages: dans le train Milan/Rome, un ancien militaire se souvient de ses combats. Le jury, présidé par Marc Dugain, a récompensé cette traversée de la mémoire et des zones floues du pourtour de la Méditerranée et de l’Histoire (les Balkans, le Liban…).