Nombreux sont ceux qui confondent mysticisme et spiritualité, et qui croient que l’homme ne peut que ramper, si la religion ne le soulève.
Andé Gide Journal, 4 janvier 1933
Le Magazine Littéraire innove en présentant, pour la première fois, la sélection des livres défendus par les libraires.Brigitte Namour, de la librairie Les Mots Bleus, évoque son coup de foudre pour Sur la Plage de Chesil.
Le flipbook, objet méconnu, auquel tout le monde a joué dans sa jeunesse.
http://www.flipbook.info/
30 citations sur Dieu, commentées par un rationaliste.
http://sami.is.free.fr/
L’oeuvre complète de saint François.
http://livres-mystiques.com/
C’est la suite d’une longue bataille juridique concernant une résurrection : celle de Javert, le personnage des Misérables, perpétrée par le journaliste et écrivain François Cérésa, qui donnait une suite à Hugo dans Cosette ou le temps des illusions et Marius ou le fugitif. Les héritiers de Victor Hugo avaient alors porté plainte, stigmatisant une « dénaturation » de l’oeuvre. Au terme de 7 ans de bataille juridique, la cour d’appel de Paris a finalement estimé que publier une suite aux Misérables ne portait pas atteinte au droit moral du texte original, que « François Cérésa, qui ne prétend pas avoir le talent de Victor Hugo, est libre de suivre une expression personnelle, qui ne fait pas nécessairement appel à l’ensemble des registres que Victor Hugo mobilise ».
Le Prix Nobel de Littérature 2005 Harold Pinter est mort mercredi 25 décembre d’un cancer de l’oesophage, à l’âge de 78 ans. Le dramaturge et romancier britannique d’origine russe aura laissé plus de 30 pièces de théâtre (Une petite douleur, le gardien, l’anniversaire). Il avait aussi abondamment travaillé pour le cinéma, signant dernièrement le scénario de La maîtresse du lieutenant français. De nombreux hommages ont suivi l’annonce de sa mort, dont ceux de Vaclav Havel (« un ami »), Nicolas Sarkozy (« Il a rejoint les mânes de Beckett et Brecht ») et de Christine Albanel (« un dramaturge acéré »).
Retrouvez ici l’article de Gaspard Koenig sur le scénario qu’écrivit Harold Pinter d’après l’oeuvre de Proust, paru dans Le Mafazine littéraire n°422.
Parmi les artistes choisis pour fêter son élection, le 20 janvier prochain, Barack Obama a convié la poétesse Elizabeth Alexander, professeur de littérature à Yale, dont le recueil, American Sublime, était arrivé en finale du Booker Prize 2005. Elizabeth Alexander lira un poème spécialement composé pour l’occasion.
Nos confrères de Livres Hebdo les ont comptés : ce sont 558 romans qui sortiront en janvier, dont 347 romans français (contre 367 début 2008) et 211 romans étrangers (180 en 2008), et 61 premiers romans. Parmi les Français, on retrouvera Yann Quéffelec, Jean Rouaud, Jean Vautrin, Marc Dugain, Olivier Adam, Patrick Rambaud, Grégoire Pollet. Et, chez les étrangers, Jonathan Coe, Paul Auster, Zoé Valdès…
«Au Sénégal, il est très difficile de garder des secrets. Tout le monde sait tout, où tout le monde croit tout savoir, donc dit n’importe quoi, et donc nous préférions dire les choses comme elles sont, le dire de façon transparente». La tirade prononcée par l’écrivain et ambassadeur Jean-Christophe Rufin, le 17 décembre dernier, à Dakar, n’a pas du tout été au goût de la classe politique sénégalaise. Dans une lettre ouverte, la vice-présidente du Sénat, Sokhna Dieng Mbacké, a dénoncé des propos «choquants, voire méprisants et insultants». L’information du Canard Enchaîné selon laquelle le gouvernement sénégalais aurait demandé le rappel de l’ambassadeur, a été démentie. Jean-Christophe Rufin, quant à lui, a rappelé «le caractère ironique et affectueux» de ses paroles «tenues sur le ton de la plaisanterie».
Le manuscrit du Mystère de la Chambre Jaune, de Gaston Leroux, a été retrouvé par la famille de l’écrivain lors d’un banal déménagement. Composé de 200 feuillets raturés, complétés par des papiers collés, il représente le premier jet du texte, quand le fameux petit reporter s’appelait encore Joseph Joséphin Boitabille. Gaston Leroux avait dû changer car un journaliste avait déjà adopté ce pseudonyme. Les héritiers ont fait don du manuscrit à la BNF, laquelle accueille justement, jusqu’au 4 janvier, l’exposition "Gaston Leroux, de Rouletabille a Chéri-Bibi". Le manuscrit y figure en bonne place… Cliquez ici pour retrouver notre article sur l’exposition.
Vingt ans après sa publication en français, Caméra, du romancier et réalisateur belge Jean-Philippe Toussaint vient de sortir aux Etats-Unis… pour être repéré par les critiques du New York Times, qui en font une description élogieuse, consultable en cliquant ici.
« Que ce livre ai dû attendre 20 ans pour connaître une première traduction en anglais est proprement scandaleux », s’indigne le chroniqueur Tom McCarthy.
Une collection de lettres rassemblant les premières missives d’Oscar Wilde à Lord Alfred Douglas, dit « Bosie » vient d’être découverte. Propriété du 11e marquis de Queensberry (dont le grand-père avait traîné Wilde au Tribunal), ces lettres avaient disparu depuis 50 ans. La collection, qui rassemble 4 lettres et 9 manuscrits pour un total de 50 pages, est d’autant plus précieuse que Lord Alfred Douglas a détruit l’essentiel de sa correspondance avec l’auteur du Portrait de Dorian Gray. L’ensemble a été cédé à la Bibliothèque Morgan, de New York, par un collectionneur brésilien.
Selon nos confrères de Livres Hebdo, Olivier et Patrick Poivre d’Arvoir animeront dès mars prochain, sur Arte, une émission littéraire, « horizon lointain », qui sera tournée à l’étranger.
Pour illustrer la Une du dernier numéro de leur magazine, le MaxPlanckForschung journal, consacré à la Chine, les membres du prestigieux institut scientifique allemand Max Planck voulaient un joli poème chinois en idéogrammes. Mais ne lisant pas ceux-ci, ils ont imprimé par méprise… une publicité pour un établissement douteux de Macao. Ainsi, leur Une vante les charmes de « femmes au foyer en action » et recommande « leurs performances enjôleuses ». L’affaire n’a pas du tout fait rire les Chinois, lesquels se sont déchaînés sur internet pour railler la bévue des savants allemands. Lesquels ont reconnu leur erreur et émis un communiqué embarrassé assurant qu’ils avaient consulté un sinologue allemand avant d’imprimer leur journal. « A notre grand regret, il apparaît à présent que le texte publié comprenait un niveau d’interprétation qui n’était pas immédiatement accessible. En publiant ce texte, nous ne voulions surtout pas offenser nos lecteurs chinois ».
Claudie Gallay, l’auteur des Déferlantes, dont nous étudiions le succès dans notre numéro d’octobre, et les éditions du Rouergue, ont touché 120 000 euros de TF1 vidéo, qui produira l’adaptation cinéma du livre. Celle-ci sera conduite par François Dupeyron.
Les éditions Gallimard organisent une grande opération de promotion en vous offrant 1000 livres à gagner (jusqu’au 31 décembre). Pour jouer, cliquez ici.
Le discours de Jean-Marie Le Clézio, qui s’est vu remettre son Prix Nobel Mercredi 10 décembre, a été mis en ligne sur le site de l’Académie suédoise. Le romancier y expose les « circonstances qui l’ont amené à écrire. Le discours est consultable ici : http://nobelprize.org
Jean-Marie Le Clézio a donné une conférence de presse samedi à Stockholm, où son prix Nobel lui sera décerné mercredi. Durant celle-ci, il a comparé la distinction à un « micro » : « Quand on n’a pas cette reconnaissance internationale, très souvent on parle et on n’est pas écouté », a-t-il ainsi déclaré. Le romancier compte user de sa notoriété pour promouvoir l’interculturalité : « Toutes les cultures doivent communiquer entre elles, il ne doit pas y avoir de culture dominante. Il y a beaucoup de cultures dans le monde qui sont réduites au silence. Je suis un peu un militant de l’interculturel »
Le monde du livre britannique s’oppose violemment à un projet de loi du gouvernement Brown, qui devrait dorénavant interdire aux criminels de tirer profit de leurs méfaits lorsqu’ils les racontent en livres. Les souvenirs de prison et les récits des crimes des autres ne sont pas inclus. « C’est une nouvelle restriction de la liberté d’expression », a déclaré l’éditeur John Blake, qui a publié, entre autres, les mémoires de Charlie Bronson, « preneur d’otages en série », et Mad Dog, les souvenirs du leader paramilitaire Johnny Adair.
Selon le site professionnel britannique The Bookseller.com, Sony aurait vendu 300.000 exemplaires de son livre électronique, le « Reader ». Trois millions de titres ont été téléchargés depuis son lancement, aux Etats-Unis. Son grand concurrent, le Kindle d’Amazon (qui n’est pas encore disponible en France) n’a pas révélé ses chiffres, mais les estimations lui donnent des résultats équivalents.
Le Grand prix 2009 de la critique BD, décerné par l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée a été attribué au roman graphique Tamara Drewe, de la Britannique Posy Simmonds, inspiré de Thomas Hardy, dont le Magazine Littéraire de décembre rendait compte.
Le romancier John Le Carré, 77 ans, a été fait docteur honoris causa de l’université de Berne, où il a étudié la littérature allemande de 1948 à 1949, dix ans avant d’entrer au MI6.
La crise atteint diversement les secteurs du livre. Ainsi, le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil a connu une affluence en augmentation de 4%, avec 149.000 visiteurs, ainsi que le notent nos confrères de Livres Hebdo.
L’Imprévisible nouveau est arrivé ! L’agenda ludique édité par Le Jeu de la Règle récidive en 2009, année officiellement décrétée par l’ONU, comme chacun l’ignore, « Année internationale de la réconciliation » et « Année internationale des fibres naturelles ». Page après page, chacune des 365 journées est dédiée à une (juste) cause, inspirée par les événements survenus ce jour-là, durant les années en «9», ainsi que par le Calendrier révolutionnaire de Fabre d’Églantine ou le Calendrier du Père Ubu. Le 10 février, date du 66e miracle reconnu à Lourdes et du 5e mandat pour le président syrien Hafez el-Hassad, sera donc dévolu… à la culture du résultat._ Alexandre Sumpf
L’Imprévisible 2009, éd. Le Jeu de la Règle, 384 p., 20,09 ?.
Pour plus de renseignement : http://www.lejeudelaregle.fr/
La romancière Béatrice Beck est décédée dimanche, à Saint-Clair-sur-Epte (Val d’Oise), dans sa maison de retraite, à l’âge de 94 ans. Elle avait obtenu le Prix Goncourt 1952 pour Léon Morin prêtre et le prix du livre Inter 1979 pour La décharge. Née en Belgique, elle était devenue française en 1955.
L’écrivain et ancien activiste d’extrême gauche Cesare Battisti n’a pas obtenu le statut de réfugié politique au Brésil. Sa demande a été rejetée par le Comité national pour les réfugiés. Cette décision pourrait précéder son extradition vers l’Italie, où Battisti a été condamné par contumace pour quatre homicides (qu’il n’a jamais reconnus). Celui-ci a 15 jours pour faire appel de la décision du Comité national.
Le Prix Littéraire Cervantès, sans doute la plus prestigieuse récompense du monde des lettres hispaniques, a été décerné le 27 novembre dernier à Juan Marsé, 75 ans, auteur notamment d’Adieu la vie, adieu l’amour et Des Lézards dans le jardin, et peintre de la misère sociale durant le franquisme. Le prix s’accompagne d’un chèque de 125.000 Euros.
A l’occasion du centenaire de Claude Lévi-Strauss, fêté vendredi 28 novembre au musée des arts premiers, les archives de l’INA ont préparé une sélection de documents consacrés au père de l’anthropologie moderne. Parmi ceux-ci, le grand interview accordé par Lévi-Strauss à Bernard Pivot, en 1984.
Est-ce un signe des temps, qui voient les frontières entre les genres littéraires devenir plus poreuses que jamais ? 10 ans après Bleue Comme une orange, le prochain livre du romancier d’anticipation Norman Spinrad, Il est parmi nous, sera publié en mars 2009 chez Fayard, hors collection SF. Certes, par ses vertus spéculatives, l’univers de Spinrad dépasse la simple science-fiction de divertissement, ce qui lui a parfois valu les affres de la censure. Ainsi, Rêve de fer, en 1972, qui fut interdit en Allemagne et en Angleterre, développait une uchronie politique insolente, où Hitler émigrait aux Etats-Unis après la guerre de 14 pour devenir l’écrivain révéré du « Seigneur des Svastikas ». Il est parmi nous regarde en revanche vers le futur, à travers le personnage d’un comique médiatique qui semble issu d’une autre époque. Fayard met en avant « son humour si ravageur qu’aucun éditeur anglo-saxon n’a osé le publier ».
Historienne et spécialiste des mousquetaires, Odile Bordaz pense savoir où se trouve la tombe du plus fameux d’entre eux, Charles de Batz de Castelmore d’Artagnan : dans l’église du village de Wolder, près de Maastricht. Le célèbre capitaine du roi, qui inspira Dumas avec la fécondité que l’on sait, a été tué d’un coup de mousquet le 25 juin 1673 durant le siège de la cité batave. L’historienne, qui a étudié les cartes de Maastricht et celles du campement de l’armée de Louis XIV, affirme que les mousquetaires du roi s’étaient installés à Wolder. Or, les registres paroissiaux de la région montrent que durant le siège, les trépassés « de qualité » bénéficiaient d'un enterrement privilégié dans l’église la plus proche. Hélas, le registre de l’Eglise de Wolder a lui, disparu. Odile Bordaz cherche maintenant d’autres documents pouvant étayer sa thèse.
La Bible inspire les éditeurs britanniques, qui, à quelques jours des fêtes, en publient des versions assez inattendues. Comme la Bible en Cockney, du professeur d’université Mike Coles, qui s’est amusé à transcrire le texte sacré en argot londonien. Ainsi la fin du Notre père ("For thine is the kingdom, the power and the glory" – car c’est à toi qu’appartiennent, le règne la puissance et la gloire…) devient "You’re the Boss, God, and will be for ever, innit?" (T’es le chef, Dieu, et ça sera pour toujours, d’accord ? ») Quant au dessinateur Ajin-bayo Akinsiku, dit Siku, il vient de publier une version de la Bible en manga où Cain interpelle Abel en ces termes : « wassup bro’ ?» (ça va frérot ?). A leurs côtés, l’homme d’affaire suédois Dag Soederberg, qui a financé la publication d’une Bible illuminée, présentée sous la forme d’un magazine au papier glacé semé de photos de d’art ou de reportage parfois dérangeantes, ferait presque figure de traditionaliste.
Jamais publié, le dernier roman inachevé de Vladimir Nabokov excitait depuis longtemps la curiosité : nul ne connaissait le propos de ces 138 fiches manuscrites, qui auraient dû être brûlées, selon les dernières volontés de l’auteur, et reposaient depuis trente ans dans le coffre d’une banque suisse à l’instigation de son fils, Dmitri Nabokov. Mardi dernier, ce dernier à enfin livré, à la chaîne britannique BBC, les premières informations concernant ce roman dont on ne connaissait que le titre, « The Original of Laura ». Son intrigue part du personnage de Philip Wild, un universitaire laid et atteint d’obésité, doté d’une femme infidèle nommé Laura, qu’il a épousée parce qu’elle ressemblait fort à un de ses amours de jeunesses. Un roman décrit comme « à la fois ludique et sombre » : Philip Wild y joue abondamment avec l’idée de son suicide. Dmitri Nabokov a pour projet de le publier l’année prochaine.
L’écrivain autrichien Peter Handke s’est élevé, mercredi, contre la révocation du régime de semi-liberté dont bénéficiait l’ancien membre d’action directe Jean-Marc Rouillan, révocation intervenue à la suite d’une interview donnée par Rouillan à l’Express. Selon Peter Handke, cité par nos confrères de libe.fr, cette décision témoigne d’un « refus de se confronter aux faits du groupe action directe ». « La révocation a comme résultat exactement ce que Rouillan a anticipé : elle « empêche » un « vrai bilan critique » dont pas seulement la veuve de Georges Besse a besoin, mais aussi la France, et au-delà aussi des personnes (comme par exemple moi) qui trouvent urgent de savoir comment la violence arrive, comment elle essaie de se justifier et, finalement, comment elle est fructueusement critiquée par ceux qui l’ont commise, écrit l’auteur des Ailes du désir. On ne peut pas provoquer ce bilan par un acte totalitaire comme cette révocation, en ajoutant une autre violence à la violence.
Un passionnant article du Guardian britannique évoque la façon dont Barack Obama a relevé le niveau du discours politique américain en empruntant des techniques oratoires aux auteurs latins, et notamment à Cicéron ! De là découlerait son goût pour le rythme ternaire (appelé « Tricolon » chez les romains), l’anaphore et l’épiphore (le fameux « Yes, we can » par lequel il concluait chaque phrase de ses discours). L’article peut se lire (en anglais) à cette adresse : http://www.guardian.co.uk/world/2008/nov/26/barack-obama-usa1.