Ceux qui rêvent éveillés ont connaissance de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu'endormis.
Edgar Allan Poe Histoires grotesques et sérieuses
Magazine Littéraire n°434 - 01/09/2004
L'un a choisi un mas à l'écart ; l'autre une maison de village dont la terrasse s'ouvre sur le paysage. Le premier fait du « double intérieur des choses » la véritable réalité ; le second lutte pour donner à la réalité humaine « sa justification la plus haute ». La formation, l'expérience, la personnalité, les choix, l'?uvre : tout sépare Bosco et Camus. Ils ne se sont pas, ou peu rencontrés. Et pourtant, méditerranéens tous deux, ils ont choisi le même village, aimé le même paysage. Pour Henri Bosco, ce sera une longue histoire, de sa découverte du village en 1923 à sa mort en 1976 ; pour Albert Camus, une passion foudroyante d'une quinzaine de mois. Chacun à sa manière avait trouvé en Lourmarin un refuge et un lieu de création. Depuis la fin du mois de juin 2004, deux promenades littéraires sur leurs traces leur rendent hommage, à l'initiative d'un jeune homme enthousiaste, Michel Pichoud. Elles conjuguent plaisir du texte et du paysage. Chaque halte est choisie pour sa signification dans la vie ou dans l'?uvre de l'écrivain, grâce au concours de spécialistes mais aussi de deux femmes : Sophie Pacifico, la petite-nièce de Bosco, et Catherine, la fille d'Albert Camus. Né à Avignon en 1888, agrégé d'italien, Henri Bosco a fait la connaissance durant la Grande Guerre, de Laurent Vibert, qui l'invite ensuite au Château de Lourmarin. Le coup de foudre...
Évelyne Bloch-Dano