Ceux qui rêvent éveillés ont connaissance de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu'endormis.
Edgar Allan Poe Histoires grotesques et sérieuses
Magazine Littéraire n°464 - 01/05/2007
on achève bien les tortues
Ces dernières années, on parle très souvent de polar écologique, mais on ne peut pas affirmer pour autant qu'il y a là un genre littéraire bien délimité et bien défini. Ce qui est sûr, c'est que de nombreuses fictions criminelles tournent de plus en plus autour de diverses questions liées de près ou de loin à l'environnement et à la protection de la nature, par exemple La Mort au fond du canyon de C.J. Box, La Constance du jardinier de John Le Carré, Mort blanche de Clive Cussler ou H2O inc. de Varda Burstyn. Et ce qui est sûr également, c'est que de tels ouvrages ont en général davantage d'impact que de pieux discours. Avec Cruelles natures de Pascal Dessaint, on est d'emblée au coeur du problème, puisque le roman débute sur une petite route de la Brenne, dans l'Indre, au moment où une voiture lancée à vive allure est sur le point d'écraser une innocente tortue. Tout de suite après, on fait la connaissance d'Antoine, un écologue naguère renommé pour ses brillants articles dans la presse. Il a à présent une grande marotte, une seule : rechercher et inventorier des cadavres d'animaux au milieu des forêts, le long des étangs, au bord des chemins, à proximité des hameaux. Son existence de reclus, il la partage avec Myriam, laquelle a abandonné mari et enfant pour le suivre. Mais...
Alexandre Lous