Khadrafi : l'écrivain dans la peau du colonel

Khadrafi : l'écrivain dans la peau du colonel

L'écrivain algérien publie en cette rentrée un mémorial bien curieux - et kitsch - de Mouammar Kadhafi. En pleine guerre civile, reclus dans une école abandonnée, entouré de ses fidèles, le dictateur libyen imagine qu'il sortira « du chaos plus fort que jamais, tel le phénix renaissant de ses cendres ».

Dans son repaire, les dangers le guettent : quand un missile tombe, les carreaux «dégringolent des fenêtres». Et comme à tout moment il peut mourir, l'homme fait le bilan de sa vie. Il se remémore son parcours fulgurant. Kadhafi, «dont la pleine lune se sentait à l'étroit dans l'infini», se prend pour un prophète. Il se souvient que, jeune homme, il fut l'amoureux éconduit d'une femme aux «yeux plus grands que l'horizon», «les cheveux noirs jusqu'au fessier». Il se venge sur toutes les autres, qui, lorsqu'elles lui cèdent, sont « terrassées à ses pieds ». La Dernière Nuit du raïs est un modèle de littérature pour qui aiment les clichés et le style ampoulé.

Enrica Sartori

À lire
La Dernière Nuit du raïs, YASMINA KHADRA, éd. Julliard, 216 p., 18 €.

Illustration : ILLUSTRATION HERVÉ PINEL POUR LE MAGAZINE LITTÉRAIRE