Maurice Blanchot, Chroniques politiques des années trente, 1931-1940

Maurice Blanchot, Chroniques politiques des années trente, 1931-1940

Une jeunesse sous le boisseau

On savait que la baleine blanche de la théorie littéraire, avant-guerre, avait été un journaliste d'extrême droite. Pour la première fois, ses articles de l'époque sont rassemblés en un volume : ils martèlent la nécessité d'une révolution nationale. Si Blanchot a ensuite répudié cet engagement, il n'en a jamais interrogé la radicalité déclamatoire. Penchant avec lequel sa pensée ultérieure, si exigeante soit-elle, n'a peut-être pas totalement rompu.

Dans les décennies 1960-1970, le nom de Maurice Blanchot (1907-2003) fit l'objet d'une vénération quasi religieuse. C'était la divinité tutélaire - d'autant plus divine qu'elle n'apparaissait pour ainsi dire jamais physiquement, l'homme ayant fait le choix d'un retrait presque total - de toute une littérature et une pensée « modernes », d'avant-garde, rassemblant aussi bien le Nouveau Roman et Marguerite Duras que Michel Foucault, Jacques Derrida, etc. Cette aura, Blanchot l'avait acquise, plus encore que par ses récits exemplaires d'une écriture « neutre » ou pure, comme Thomas l'Obscur (1941, repris en 1950), par ses formidables analyses critiques quoique par endroits assez éni ...

Réservé aux abonnés au site
Abonnez-vous au site pour lire l'intégralité de cet article.
Déja abonné ? Identifiez-vous