Jim Harrison croqué par... Rita Mercedes

Jim Harrison croqué par... Rita Mercedes

 

Dernières nouvelles : belle sobriété du titre rassemblant les toutes dernières nouvelles de Jim Harrison, décédé en mars 2016. C'est comme si nous captions les dernières émissions d'une sonde. D'autant plus que l'écriture du grand auteur du Midwest s'assimile facilement à l'enregistrement de vibrations. Ici les vies narrées ne se déroulent pas linéairement, mais se présentent entrelardées de réminiscences - les émanations du passé - et secouées par ce que l'existence a à offrir comme complications - les ondes du présent. Le génie de l'écrivain s'y exprime : sous ces vies simples, la narration multiplie - discrètement, comme par un glissement imperceptible - les embardées vers d'autres époques, d'autres figures, voire d'autres espèces (poules, chien, chevaux...). Derrière cette impression de dispersion, un fil rouge : Catherine, Chien Brun et l'inspecteur Sunderson, chacun des personnages de ces histoires, s'interrogent sur l'enfance, la parenté, la famille. Parce que Chien Brun a beau avoir compris un jour « qu'on était juste de la viande », on demeure pour Jim Harrison une viande sentimentale.

 

Dernières nouvelles, Jim Harrison, traduit de l'anglais (États-Unis) par Brice Matthieussent, éd. Flammarion, 300 p., 20 €.