Régis Debray croqué par... Pancho

Régis Debray croqué par... Pancho

Il paraît que nous sommes devenus américains. Ce serait tellement évident que l'on ne se demande plus pourquoi mais comment. C'est d'ailleurs inscrit dès le sous-titre du nouvel essai de Régis Debray.

Une réflexion brillante et digressive, aussi attendue qu'inattendue, provocatrice, usant et abusant d'un goût immodéré de la formule, jonglant avec les citations, les ellipses et les raccourcis, télescopant les époques, le latin pur jus s'acoquinant avec le globish pour les besoins de la cause. Mais n'allez pas croire que tout cela le rende pessimiste. Malgré ses pages sur l'Empire austro-hongrois et le bouillonnement culturel de Vienne fin de siècle, les accents nostalgiques se sont estompés. La mélancolie est toujours là, mais teintée d'optimisme. Régis Debray continuera d'écrire le français à sa manière tout en s'inquiétant du fait qu'il y aura de moins en moins de gens à qui parler. Traduisez : des gens capables de lire du Gracq ou le Bloc-notes de Mauriac ?

CIVILISATION, Régis Debray, éd. Gallimard, 240 p., 19 €.

CIVILISATION, Régis Debray, éd. Gallimard, 240 p., 19 E.