Deux poètes en liberté

Deux poètes en liberté

D'abord séduits par le marbre de l'esthétique parnassienne, Rimbaud et Verlaine s'en démarquent assez vite : l'auteur du « Bateau ivre » évolue vers la prose, avec Une saison en enfer et les Illuminations ; celui des Fêtes galantes renonce aux audaces métriques pour développer une inspiration religieuse.

Ver erat : ces deux premiers mots d'un poème en vers latins écrit par Arthur Rimbaud à l'âge de 14 ans sont au point de départ, non seulement de sa poésie, mais de sa poétique. Et, en effet, il écrivait deux ans plus tard à Théodore de Banville, le 24 mai 1870, en se présentant comme un « enfant touché par le doigt de la Muse » et en lui envoyant « quelques-uns de [s]es vers » : « [...] moi j'appelle cela du printemps. » Il espérait alors que pourraient être publiés dans Le Parnasse contemporain les trois poèmes joints à cette lettre : un poème sans titre, plus tard intitulé « Sensation », qui évoque plutôt « les beaux soirs d'été » ; « Ophélie » et le « matin d'avril » ...

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