Relations Orient-Occident

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La Chanson de Roland, ou la guerre des mondes

Le texte épique cultive des stéréotypes toujours agissants dans le racisme contemporain : le Sarrasin y est pour l'essentiel fourbe, monstrueux, émane de hordes indifférenciées. Mais qu'il se convertisse, et il devient le parfait égal des chevaliers.

Si La Chanson de Roland oppose à ses héros des foules de guerriers sarrasins, elle ne dit rien de l'islam médiéval. Son auteur probable - le clerc normand Turold - conçoit son monde musulman comme un antimonde chrétien, où l'on cultive des valeurs opposées (la parole fourbe du Maure Blancandrin contre la parole franche de Roland) ou symétriques (quand la bravoure des guerriers maures met en valeur celle des chrétiens). Sa Chanson véhicule aussi les peurs de l'époque : les Sarrasins y paraissent en multitude innombrable, formée de troupiers et de chevaliers souvent monstrueux, venus de pays parfois riverains des enfers, à la langue agile, mais dont les serments ne valent ...

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