Spinoza, un penseur au-dessus des partis

Spinoza, un penseur au-dessus des partis

Philosophe de la démocratie, promoteur du libéralisme, communiste révolutionnaire avant l'heure... Si l'orientation politique de Spinoza a fait l'objet de multiples interprétations, c'est que le penseur développe un déroutant « conservatisme paradoxal » : s'il a pour fondement la liberté de penser individuelle, l'État a pour seule légitimité sa capacité à contenir la multitude.

Carl Schmitt, dans un livre consacré au Léviathan de Hobbes, reconnaît en Spinoza le philosophe « juif » qui introduit le ver dans le fruit, pourrit la puissance publique, mine l'État : « Un léger mouvement de pensée - une commutation - venu de l'existence juive, et en quelques années à peine, avec une logique parfaitement conséquente, le tournant décisif dans le destin du Léviathan était accompli (1). » La « commutation » qu'aurait opérée Spinoza à l'intérieur du montage de Hobbes porterait sur le rapport entre la puissance publique et l'individu : chez Hobbes, la puissance publique fonde le droit de l'individu ; chez Spinoza, à l'inverse, « la liberté de penser ...

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