Pédophilie, des totems au tabou

Pédophilie, des totems au tabou

Michel Tournier vient d'entrer dans La Pléiade : l'imaginaire pédophile de certains de ses textes rebuterait sans doute aujourd'hui les éditeurs. Depuis une trentaine d'années, on touche là à une ligne rouge, y compris en pure fiction. Ce qui rend d'autant plus surprenante la tolérance qui a pu entourer auparavant certains auteurs reconnus.

Le 27 mai 2016, Jérôme Noirez, auteur de romans de science-fiction et de livres pour la jeunesse, était condamné en première instance à trente mois de prison (dont quinze fermes) pour avoir échangé en très grand nombre sur Internet des photos d'enfants à caractère sexuel. Très vite, l'un de ses éditeurs, Gulf Stream, spécialisé en littérature jeunesse, annonçait non seulement qu'il renonçait à le publier mais arrêtait la commercialisation de ses livres encore inscrits à son catalogue, cinq romans dont le contenu n'a rien de pédophile. Dans un communiqué laconique, il précisait : « Certains sujets ne peuvent être traités avec nuance, et notre engagement auprès des jeunes lecteurs ...

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