L'art et la matière

L'art et la matière

Alors que paraissent un passionnant recueil d'entretiens et le second volet de Joyeux animaux de la misère, l'auteur d'Éden, Éden, Éden, dont les textes furent marqués par le scandale, poursuit une oeuvre intransigeante, symphonique et épique. Il souligne l'impact de la création sur la personne même de l'artiste.

Pour faire le portrait de Pierre Guyotat, inutile de détailler les éléments disparates, anecdotiques ou accidentels d'une vie. Pas besoin non plus de comptabiliser et hiérarchiser une oeuvre en tous ses chapitres et modes d'expression (1). Il faut au contraire s'efforcer de saisir, même imparfaitement, même en tâtonnant, l'unité que forment cette vie d'homme et l'oeuvre qui procède de celle-ci. La chronologie et la biographie ne sont alors que des points de repère, certes nécessaires mais insuffisants : il faut aller au-delà, en direction de cette unité. Quant à l'oeuvre, elle est comme une symphonie, inachevée mais déjà riche, un opéra en cours d'élaboration. À la fin, s ...

Réservé aux abonnés au site
Abonnez-vous au site pour lire l'intégralité de cet article.
Déja abonné ? Identifiez-vous