Manifestement rimbaldiens

Manifestement rimbaldiens

Au lendemain de la Grande Guerre, les surréalistes réinventent Rimbaud en exilant Verlaine. Foin des chansons langoureuses et des paysages crépusculaires. Place aux images, au « dépassement spasmodique de l'expression contrôlée » et à l'automatisme.

« Lisez Rimbaud, ne lisez pas Verlaine. » Lancée dans un tract surréaliste de 1931, l'injonction est parfaitement claire. Elle confirme le classement - ou plutôt le déclassement - opéré par la revue Littérature dix ans plus tôt (mars 1921). Avec une moyenne de 15,95, Rimbaud arrive à la quatrième place, juste après Chaplin, mais avant Ducasse, Vaché et Sade. Aux antipodes, le vieux symboliste Henri de Régnier finit bon dernier avec - 22,90, tandis qu'en milieu de tableau, versant négatif, Verlaine, - 11,90, le dispute à Tolstoï, Schiller et Marinetti.

Née en 1919, la jeune revue doit pourtant son titre à l'auteur de l'« Art poétique », lequel s'achève sur le vers fameux : ...

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