Quignard à tire d'ailes

Quignard à tire d'ailes

Lecteur en toutes choses, l'écrivain publie ces jours-ci trois livres, comme il se doit rétifs à toute classification précise : le portrait d'un pasteur américain ayant passé sa vie à noter les chants des oiseaux qui peuplaient le jardin de sa cure, un recueil de méditations hantées par l'enfance et une subtile variation sur le carpe diem.

Combien de vieux grimoires n'a-t-il pas sauvés des poussières de l'oubli et du néant des ténèbres ? C'est bien simple : il n'est aucun de ses livres qui ne fasse écho à quelque grammaire disparue, à quelque sorcellerie cachée dans la pierre des ruines, à quelque poète à barbe longue quêtant l'aumône d'un regard dans le no man's land des temps. Son oeuvre, à la fois rare (par ses sources) et nombreuse (soixante-quinze titres désormais), semble tout entière formée des fragments d'un mémorial en voie d'effacement. Et c'est bien ainsi qu'on se représente Pascal Quignard : en moine copiste déchiffrant les textes sacrés. Les Anciens avaient une expression aussi étrange que poétique pour définir ...

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