Un puzzle inachevé

Un puzzle inachevé

Papiers réduits en cendres, oubliés, perdus... L'oeuvre de Rimbaud est fondamentalement incomplète. Elle témoigne de l'errance du poète, de son insatisfaction chronique comme de sa tendance à l'autodestruction. Verlaine n'aura de cesse de rassembler et de diffuser les traces de cette aventure.

« Je me réjouis d'avoir inauguré la gloire de l'oeuvre en vers de Rimbaud », écrivait Verlaine en février 1892, quelques mois après la mort de son ancien ami. Dix ans auparavant, il avait révélé l'existence du « poète maudit » de Charleville et avait donné à lire ses poèmes pour la première fois. De la même façon que Paul Demeny avait pris soin de conserver les vers que Rimbaud lui avait demandé de brûler, Verlaine livrait au public des poèmes que celui-ci aurait peut-être désavoués. Il s'en excusait par avance et sollicitait son indulgence pour cette publicité faite à son insu, tout en assumant le risque de ne pas respecter son dédain pour la littérature. L'homme de lettres avait, pour l ...

Réservé aux abonnés au site
Abonnez-vous au site pour lire l'intégralité de cet article.
Déja abonné ? Identifiez-vous