Voyant, mais aussi révolutionnaire

Voyant, mais aussi révolutionnaire

Longtemps, la critique a voulu réduire l'itinéraire rimbaldien à une mystique prométhéenne, détachée de toute contingence historique. On reconnaît aujourd'hui l'importance de l'inspiration politique, et ce dès les premiers poèmes.

« Transformer le monde a dit Marx ; changer la vie a dit Rimbaud : ces deux mots d'ordre pour nous n'en font qu'un. » On connaît cette phrase de Breton, mais, à la date où il l'écrit (1935), l'idée n'est guère partagée hors de la mouvance surréaliste. Les intellectuels communistes, il est vrai, s'efforcent d'utiliser la fascination qu'exerce le poète du « Bateau ivre », mais leur Rimbaud est le chantre d'une Commune conçue à l'image de la révolution d'Octobre, et il se résume d'ailleurs aux quelques poèmes avouables par l'orthodoxie stalinienne, comme « Les mains de Jeanne-Marie » ou « Paris se repeuple ».

La figure de Rimbaud qui s'impose à l'époque n'est évidemment pas celle-là : ...

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