Ceux qui rêvent éveillés ont connaissance de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu'endormis.
Edgar Allan Poe Histoires grotesques et sérieuses
Après l’affaire Polanski, un autre monument de la culture pourrait avoir affaire à la justice : Gabriel Garcia Marquez dont les éditions Grasset viennent de publier une biographie est accusé de faire l’éloge de la prostitution infantile, de mettre en scène des relations sexuelles avec une mineur dans son ouvrage, Mémoire de mes putains tristes. Paru en 2005 chez Grasset, le roman raconte les aventures d’un vieil homme de 90 ans, décidant de s’offrir une nuit avec une adolescente. Si les deux affaires ne sont pas absolument comparables (on passe tout de même de la réalité à la fiction), l’auteur de Cent ans de solitude devra malgré tout découdre de ces accusations portées par une ONG, la Coalition Régionale des Femmes et des Fillettes en Amérique Latine, qui souhaite interdire l’adaptation cinématographique de l’ouvrage. Terez Ulloa, directrice de l’organisation, estime qu’un film « banalise le phénomène et place en situation de risque tous les enfants, filles ou garçons pauvres de notre Amérique latine et des Caraïbes ». Elle a déposé plainte, contre les coproducteurs mexicains de l’adaptation et le gouverneur de l’Etat de Puebla, lieu du tournage qui doit commencer dans trois semaines. On se demande bien ce qu’aurait répondu Stanley Kubrick à pareilles critique, alors que celui-ci adaptait Lolita.